La pression sociale, la pression au travail

UNDER PRESSURE – SOUS PRESSION

J’étais en retard, roulant bien trop vite sur cette autoroute qui me menait à mon prochain rendez-vous client, le téléphone portable vibrait sur le siège passager, le kit main libre était débranché . La radio crépitait des sons qui ne masquaient même plus mes pensées, puis, un son plus beau que les autres me fit prendre conscience de la situation. Ce son pur que j’avais toujours adoré n’était autre que “Under pressure” de Mercury et Bowie. J’étais technico-commerciale dans le secteur médical et la pression malsaine que je supportais chaque jour à l’époque était en train de me détruire à petit feu. Je ne m’étais jamais vraiment attardée sur les paroles de ce morceau fabuleux. Je me contentais de fredonner ” Under pressure” avec enthousiasme mais ce jour-là, à cet instant précis, j’avais le sentiment que Freddie parlait de mon histoire. J’entendais ” Watching some good friends screaming ” let me out!”( Regarder quelques amis crier ” laissez-moi sortir!”).

J’étais “les amis” et je voyais mes collègues crier en silence. J’étais piégée pour payer mon loyer et protéger ma fille. J’étais l’amie d’une collègue qui criait  ” laissez-moi sortir!” parce qu’elle portait un enfant qu’elle devait protéger de ce rythme effréné et dangereux, de ce harcèlement meurtrier. Il en était de même pour ce collègue de 57 ans qui se disait qu’à son âge, il ne retrouverait plus de travail si demain sa carrière dans cette entreprise devait s’arrêter. Et chacun de nous faisait face à cette inhumanité avec ses propres capacités et ses propres ressources qui n’étaient malheureusement pas intarissables… Que c’était-il passé pour en arriver là? Devions-nous accepter de finir comme des automates gris et tristes à travailler en prenant des risques pour notre santé afin de juste ” gagner notre vie”?

“Gagner sa vie” ? Ce jour-là je me suis demandé pour la première fois pourquoi l’être humain en était arrivé à considérer que la vie n’était pas acquise à la naissance mais devait se ” gagner”? Si je ne gagne pas ma vie suis-je vouée à gagner une mort? La question méritait d’être soulevée. Il me fallut 2 ans pour y répondre et une bonne dose de courage et de détermination pour ne pas plier devant les injustices, les abus et les harcèlements en tout genre. On ne peut pas prendre conscience individuellement d’un abus et le refuser sans penser au bien-être communautaire, au respect des droits de l’Homme. Fermer les yeux sur des comportements abusifs c’est cracher sur ces libertés durement acquises, sur les combats de nos aïeuls pour faire valoir des droits élémentaires que sont l’ode à toute forme de vie et à la liberté d’être, de faire et de penser.

Les personnes qui subissent de la pression dans leurs vies pensent souvent être les seules. Mais c’est un phénomène de société épidémique et empirique. Certains pour cacher leur détresse ont recours à toute sorte de produits toxiques pour tenir, pour garder l’apparence lisse du winner qui pourtant se meurt à petit feu…. Junk food, cigarettes, alcool, anxiolytiques, anti-dépresseurs, amphétamines, cocaïne et ne pensez pas que la drogue n’est réservée qu’aux junkies. Elle est aussi le seul recours pour certains qui travaillent tous les jours, peut-être à vos côtés. En réalité, ces produits ont tous des effets anti-dépresseurs malheureusement momentanés car l’abus de ces substances ne fait que détruire d’avantage.
Avouer ne plus supporter la pression serait un aveu de faiblesse, or c’est justement l’inverse. Refuser la pression, la dénoncer est un acte de courage qui remet la dignité de la vie au cœur du débat, qui refuse la soumission et l’esclavagisme moderne.

Combien de personnes souffrent en silence parce que la société de compétition déshumanise. Refusez-là pour vous et les autres. Osez le dire que ça suffit et par là, offrez cette opportunité à d’autres de faire de même, montrez l’exemple . Celui qui ose placer la dignité humaine au centre de sa vie est assuré de se retrouver et de donner un sens plus profond à sa vie. La liste des avantages d’une vie authentique est immense. Les peurs qui vous habitent sont les barreaux de votre prison et les armes de vos ennemis pour vous maintenir sous leur contrôle. Refusez que les peurs dirigent votre vie et tendez la main à celui qui s’enlise sous la pression inhumaine.

David Bowie & Freddie Mercury

Ce duo fabuleux de Freddie Mercury et David Bowie dépeint parfaitement ces situations inacceptables dont vous trouverez ci-dessous les paroles traduites ainsi que l’histoire de ce tube interplanétaire qui a marqué l’histoire du rock.

 

Under Pressure (Sous Pression)

Pressure pushing down on me 
La pression pèse sur moi
Pressing down on you no man ask for
Pèse sur toi, aucun homme ne demande ça
Under pressure
Sous pression
That burns a building down
Ça fait s'écrouler un immeuble sous les flammes
Splits a family in two
Ça divise une famille en deux
Puts people on streets
Ça conduit les gens à la rue


Bah bah bah bah bah bah
Bah bah bah bah bah bah
That's o-kay !
C'est okay !
It's the terror of knowing
C'est la terreur de savoir
What this world is about
De quoi est fait ce monde
Watching some good friends
A regarder quelques bons amis
Screaming let me out !
Crier laissez-moi sortir !
Pray tomorrow takes me higher
Je prie pour que demain soit pour moi un jour meilleur
Pressure on people
Pression sur les gens
People on streets
Les gens dans la rue


Do do do bah bah bah bah
Do do do bah bah bah bah O-kay Okay
Chippin' around
Je m'éparpille
Kick my brains round the floor
D'un coup de pied s’étend ma cervelle au sol
These are the days
Telle est l'époque
It never rains but it pours
Il ne pleut jamais mais ça dégringole
People on streets
Des gens dans la rue
People on streets
Des gens dans la rue


It's the terror of knowing
C'est la terreur de savoir
What this world is about
De quoi est fait ce monde
Watching some good friends
A regarder quelques bons amis
Screaming let me out !
Crier laissez-moi sortir !
Pray tomorrow takes me higher higher higher
Je prie pour que demain soit pour moi un jour meilleur
Pressure on people
Pression sur les gens
People on streets
Les gens dans la rue


Turned away from it all
On se détourne de tout ça
Like a blind man
Comme un aveugle
Sat on a fence but it doesn't work
Assis sur une barrière mais ça ne marche pas
Keep coming up with love
Sans cesse l'amour revient
But it's so slashed and torn
Mais il est tellement cassé et déchiré
Why why why ?
Pourquoi pourquoi pourquoi ?
Love love love love
Amour amour amour amour




Insanity laughs under pressure we're cracking
La folie rit sous la pression nous craquons
Can't we give ourselves one more chance ?
Ne pouvons-nous pas nous accorder une dernière chance ?
Why can't we give love that one more chance ?
Pourquoi ne pouvons-nous pas donner à l'amour cette dernière chance ? 
Why can't we give love ?
Pourquoi ne pouvons-nous pas donner de l'amour ?
Give love give love ?
Donner de l'amour donner de l'amour ?
Give love give love ?
Donner de l'amour donner de l'amour ?
Give love give love ?
Donner de l'amour donner de l'amour ?


Cause love's such an old fashioned word
Parce que l’amour est un mot tellement démodé
And love dares you to care
Et l'amour te défie de veiller
For the people on the edge of the night
Sur les gens qui se tiennent à la lisière de la nuit
And love dares you to change our way
Et l'amour te défie de changer la façon
Of caring about ourselves
Dont nous prenons soin de nous
This is our last dance
C'est notre dernière danse
This is our last dance
C'est notre dernière danse
This is ourselves under pressure
C'est nous-mêmes sous pression
Under pressure pressure
Sous pression pression.

L’histoire de ” UNDER PRESSURE”

Pour la petite histoire, à l’été 1981, Queen se trouve à Montreux, en Suisse, dans les Mountain Studios, dont le groupe est propriétaire. Un « coin de verdure » où Mercury et sa bande peuvent à la fois travailler sur ce single et se reposer après des mois de tournées. C’est ainsi qu’ils commencent à travailler sur un morceau dont John Deacon a apporté la ligne de basse. Cet embryon de chanson porte le titre de « Feel like ». Il y est déjà question de pression sociale, du rythme effréné des grandes villes occidentales et du mode de vie stressant qui en découle. La chanson prend peu à peu forme et est rebaptisée « People on streets ». Freddie Mercury peaufine les paroles en ajoutant au thème principal, celui de l’amour, comme « seule porte de sortie acceptable à cette vie de fourmi ».
Au même moment, quelque part dans le monde, David Bowie, ami de longue date de Roger Taylor ( batteur de Queen), est invité à Montreux pour, au début, y passer « un peu de bon temps et faire quelques jams sessions avec Queen ». Rien d’officiel, donc, mais Queen autant que David Bowie désirent depuis plusieurs années travailler ensemble. Roger Taylor aurait parlé à David Bowie, entre deux jams sessions, de cette ligne de basse et de cette ébauche de chanson qu’est alors « People on streets ». Bowie aurait littéralement « bloqué » sur la ligne de basse en question et aurait immédiatement demandé aux autres membres de Queen s’il pouvait participer à l’élaboration finale de la chanson. Le groupe accepte et les cinq s’enferment quelques heures dans le studio de Montreux. Ils en ressortiront avec « Under Pressure », créée sur la base de « People on streets ». Bowie et Mercury sont à la production et partagent le chant. « Under Pressure » est le premier featuring de Queen avec un autre artiste. La chanson est surtout l’occasion de mélanger parmi les plus grandes voix du rock du moment et de l’histoire du genre.

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